La sobriété numérique

Fortes chaleurs, sécheresses, réchauffement climatique … sont des notions qui bercent notre quotidien depuis malheureusement trop longtemps. Mais depuis cette année, un enjeu énergétique s’est ajouté à l’enjeu environnemental, avec une solution commune qui revient dans toutes les discussions : la sobriété. Utiles dans tous les secteurs pour réduire les émissions et économiser l’énergie, la sobriété se révèle particulièrement utile dans le numérique, qui est un secteur de plus en plus énergivore.

Dans l’interview donnée par M. Jean-Noël Barrot – ministre chargé de la transition numérique et des télécommunications – sur FranceInfo le 4 août dernier, le numérique consomme 12% de la consommation électrique et 3% de la consommation d’énergie finale en France. Le numérique produit 3.5% des gaz à effet de serre ce qui est plus que le trafic aérien. Il n’y a aucun doute : notre activité numérique pollue et bien plus que l’on peut le croire. Mais pas de panique, des solutions existent pour optimiser, contrôler et diminuer l’empreinte carbone de vos applications en ligne. On fait le point avec notre partenaire Quanta, sur cette notion de sobriété appliquée au numérique.

Qu’est ce que la sobriété numérique ?

C’est en 2008 que la notion de sobriété numérique a été définie par Frédéric Bordage, ingénieur et fondateur de l’association GreenIT.fr.
La sobriété numérique est une démarche qui vise à réduire l’impact environnemental du numérique en limitant ses usages. Elle alerte également sur l’empreinte carbone de ce secteur, en matière de consommation énergétique.

La sobriété numérique a pour objectif de promouvoir les Low-Tech comme l’écoconception de sites web ou encore des pratiques vertueuses pour diminuer l’empreinte énergétique du digital (utilisation d’énergies renouvelables pour alimenter les datacenters).
En guise d’exemple, l’énergie nécessaire aux 64 millions de vue de la saison 3 de la série “Stranger Things” diffusée par Netflix, a émis 189 000 de tonnes de CO2, ce qui équivaut à 676 millions de kilomètres parcourus en voiture (d’après une analyse réalisée en mars 2020 par SaveonEnergy). À notre échelle nationale, en France la consommation énergétique est de 476 TWh et l’électricité représente environ 25 % de l’énergie finale.
En 2015, d’après une étude menée par GreenIT, le numérique consommait environ 56 TWh.


Sur ces 56 TWh :

  • 43 TWh concerne les équipements utilisateurs à usage personnel ou professionnel (ordinateurs, tablettes, smartphones, box d’accès à internet, etc.)
  • 3,5 TWh pour le cœur du réseau (composants techniques pour relier les datacenters aux usagers, 3G, 4G, etc.)
  • 10 TWh pour les « datacenters »

Il est difficile pour les utilisateurs de palper cette pollution invisible qui pourtant est bien réelle. Mais on constate de plus en plus une prise de conscience et une volonté de changement des utilisateurs du digital, avec notamment des comportements d’achats plus responsables (article de seconde main, reconditionné, allongement de la durée de vie des équipements numériques), une recherche de produit/service plus propre (indice de consommation produit, moyen de livraison …) ou encore le critère d’une marque engagée.
De l’autre côté du réseau, se trouvent les datacenters hébergeant nos applications web. Et là aussi, une marge d’efficacité importante est encore présente pour réduire les impacts environnementaux et économiser l’énergie utilisée.

Pourquoi s’intéresser à la sobriété numérique en tant qu’entreprise?

Il existe plusieurs raisons pour une entreprise de se pencher sérieusement sur la question de la sobriété numérique :

  • Renforcer la crédibilité de la stratégie RSE (responsabilité sociale des entreprises)
    Mettre en place des actions concrètes pour diminuer son impact environnemental aussi bien sur sa façon de produire, de communiquer, de vendre … et que ce soit auprès de ses fournisseurs, distributeurs, collaborateurs ou clients.
  • Répondre aux exigences des collaborateurs (attractivité, fidélisation, marque employeur) qui sont de plus en plus nombreux à se soucier des problèmes environnementaux et dont l’éco-responsabilité de l’entreprise est un critère important. Cela peut se traduire par l’installation de bornes pour les véhicules électriques, de locaux moins énergivores (ex: toits végétaux et isolation pour éviter un système de climatisation), du choix des matières premières (ex: Thinking Mu, la marque espagnole engagée qui fait fureur), ou encore de l’engagement de la marque (ex: la marque Faguo qui a décidé de financer la plantation d’un arbre par article vendu). Pour une entreprise à l’activité fortement digitalisée, la sobriété numérique est également un geste environnemental majeur.
  • Se conformer aux attentes citoyennes des consommateurs (image et réputation)
    Parmi les tendances de consommation des Français on retrouve en haut de tableau, les produits de seconde main, la consommation locale et responsable, et le made in France. 50% des e-acheteurs ont achetés en 2021 des produits de seconde main ou reconditionnés et 48% d’entre eux pour des raisons écologiques.
    Source : Rapport annuel sur l’état du marché du e-commerce en France et dans le monde de la Fevad édition 2022
  • Respecter la loi (enjeux légaux et réglementaires)
    Bien que la mise en place du stratégie RSE est encore sous la base de volontariat, rappelons que depuis 2010 et le Grenelle I de l’environnement, la loi impose aux entreprises employant plus de 500 personnes d’établir un bilan de leurs émissions de gaz à effet de serre, accompagné d’un plan de transition pour réduire leurs émissions, tous les 4 ans, sous peine d’une amende administrative.
    Pour les entreprises employant plus de 50 salariés mais non soumises à ce régime, la loi de finances pour 2021 vient ici prévoir une obligation d’établir un bilan simplifié de leurs émissions de gaz à effet de serre avant :
    Le 31 décembre 2022 pour les entreprises dont l’effectif est compris entre 251 et 500 salariés ;
    Le 31 décembre 2023 pour celles dont l’effectif est compris entre 51 et 250 salariés. Ce bilan, qui sera public et transmis à l’autorité administrative à des fins de traitement statistique. Il devra par la suite être mis à jour tous les 3 ans.

    Pour en savoir plus :
    La responsabilité sociale des entreprises
    De nouvelles obligations sociales et environnementales pour les entreprises en contrepartie des aides à la relance
  • Optimiser les dépenses grâce à la sobriété (enjeux économiques et financiers)
    En maîtrisant et optimisant au plus juste la taille des infrastructures informatiques, toute entreprise peut réaliser une double action positive : environnementale d’abord car en utilisant moins de serveurs cela limite les émissions de co2 liées au site internet, mais également financières car réduire la taille de son infrastructure va permettre d’améliorer la marge du produit. Une action forte en ce sens consiste à héberger ses applications web dans un environnement cloud ce qui aura pour effet de mutualiser l’usage des serveurs.

Que mettre en place ?

La Sobriété Numérique passe par plusieurs actions concrètes. Guillaume Thibaux, cofondateur de Quanta, l’explique dans cette conférence à AWS Summit en 2019 : “il y a 3 actions concrètes qui vont permettre d’allier l’intérêt économique de nos entreprises et l’intérêt écologique”. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Il s’agit de leviers directement accessibles aux gestionnaires des applications web, à savoir les CTO, DevOPS ou même les équipes marketing.
Voici ces actions :

  • La mutualisation des infrastructures sur un cloud
    Héberger son site internet sur des serveurs dédiés implique de garder constamment une marge de serveurs disponibles afin d’encaisser la charge lors de rares pics de trafic. Le résultat est que ces serveurs sont généralement sous-utilisés pendant une majeure partie de l’année. Le taux d’utilisation moyen des serveurs dédiés dans le monde est de 15% seulement, c’est un gigantesque gâchis énergétique.
    A l’inverse, la mutualisation sur le cloud permet d’ajuster au mieux les ressources allouées à l’application web.
  • L’optimisation du code et de l’architecture du site
    Amélioration du cache dans Magento, optimisation des requêtes de base de données, mise en place de Varnish, toutes ces actions permettent de réduire la charge serveur induite pour un clic sur un site. En mettant en place une véritable démarche de mesure et d’amélioration de la performance, notre partenaire Quanta nous confie que la plupart des marques accompagnées, ont divisé par deux leur besoin en infrastructure, tout en améliorant au passage la vitesse de chargement des pages du site.
  • Le choix de la localisation géographique du datacenter
    Il suffit d’aller voir le site ElectriticyMap, qui recense le taux d’émission carbone de l’électricité selon les différents pays européens, pour se rendre compte que l’impact environnemental d’un serveur hébergé en France n’est pas le même que s’il est hébergé dans un pays où l’électricité est davantage carbonée comme l’Irlande ou l’Allemagne.

Pour faciliter ces choix de sobriété, notre partenaire Quanta a développé un set d’outils permettant de mesurer l’impact carbone d’une application web en prenant en compte :

  • Le taux carbone de chacune des pages pondérées par leur fréquence de consultation par les internautes
  • Le type d’infrastructure utilisé (environnement cloud ou dédié)
  • Le pays d’hébergement de l’application

Conclusion

Au-delà des gains d’énergie réalisés, d’une image de marque plus verte véhiculée auprès des consommateurs, ces gestes simples permettent de participer réellement à la préservation de notre environnement tout en participant aux efforts de sobriété énergétique. Alors oui la situation est alarmante mais des solutions existent et il n’est jamais trop tard pour agir. Vous souhaitez mettre en œuvre une démarche de sobriété numérique pour votre ou vos sites Internet ? Nos équipes TBD-Quanta sont sur le front pour vous accompagner dans cette démarche éco-responsable.

Sources

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